14 November, 2006

petite lecon de .....

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Bruno Dumont:
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"Je ne peux pas, je ne peux pas. Vous l'avez dit. Je ne peux pas envisager le cinéma de façon intellectuelle. Je pense que le penseur, le philosophe est un homme qui travaille avec des concepts. Le cinéaste – et c'est Deleuze qui disait ça – c'est un penseur mais qui ne pense pas en concept. Il pense en images, en temps. C'est de la pensée mais pas conceptuelle. C'est de la pensée crue. Je pense que le cinéma est antérieur à la pensée. Le cinéma nous met en contact avec la matière de l'écrivain. Mais sa matière est encore informelle, brut. C'est pour ça que je fais tout pour cantonner mon cinéma à la crudité et empêcher de passer au concept, au langage, à la méditation, à la réflexion. C'est un film sauvage."
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"Oui, je pense que la préparation et l'écriture est une façon de me préparer moi. De préparer ma sensibilité. De me mettre en état, sachant que sur le tournage, je ne fonctionne qu'à l'instinct. De toute façon, tout est prêt: le scénario est écrit, les positions de la caméra ont été choisies, l'équipe est choisie, le nombre de plans sur la scène a été fixé, donc je peux improviser. À la limite, je peux faire des choses complètement folles puisque de toute façon, il y a des sécurités qui sont là."
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"Ca se voit les films qui ne sont pas tenus par les réalisateurs. Un réalisateur doit savoir ce qu'il veut. Moi, pour savoir ce que je veux, il faut que je prépare. Il ne faut pas croire que j'ai des idées, comme ça. J'ai passé beaucoup de temps dans le désert, sur les routes, à rouler, à rouler, à me dire: "La caméra, je la mets où ?".
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"Je pense que si vous voulez faire du cinéma, il ne faut pas aller au cinéma, ça c'est clair. Il vaut mieux prendre un petit café sur un trottoir. Le début du cinéma, c'est le regard."
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"Ce qui m'intéresse, c'est ce qui est premier, primitif, sauvage. On est civilisés et on a besoin de se confronter à l'homme primitif qui est en nous et qu'il faut purger tous les jours. Tous les jours, il faut purger. La civilisation est fragile. La civilisation ne passe que par la catharsis, par la purge. On a besoin de sang, on a besoin de sexe. On a besoin de faire ça dans les salles de cinéma."
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"Le problème, c'est le spectateur. Je fais des films avec des spectateurs donc, ça dépend aussi de la modernité du spectateur. Jusqu'où peut-il aller ? Qu'est-ce qu'il peut entendre ? Qu'est-ce qu'il peut comprendre ? C'est le problème de la musique contemporaine, de la peinture contemporaine, de la sculpture contemporaine. C'est le problème du contemporain. Ce n'est pas tant l'auteur que le spectateur."Je pense que le problème du cinéma aujourd'hui est un problème politique, de civilisation. Il faut savoir ce qu'on veut. Si on continue à passer des conneries à la télé, on aura des cons, c'est clair. C'est pour ça que dans les années 70 – c'est fini ce moment-là - vous aviez des cinéphiles. Le spectateur de cinéma d'aujourd'hui n'est pas un spectateur, c'est un consommateur. Il consomme les films avec les cartes machin, il rentre, ça ne lui plaît pas, il sort. Donc, ça va être de plus en plus difficile de faire du cinéma si on ne fait pas la révolution."

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