15 April, 2007

petite lecon de .....

Catherine Breillat sur la fin (le viol) dans "À ma soeur":

"Il y a presque, à ce moment, un hypnotisme et une collaboration, ça je le pense, et que c'est d'ailleurs un sujet de culpabilité après, pour les gens qui ont subi des viols. Parce qu'il y a cette espèce de sidération qui est de l'ordre de l'abandon à la chose qui va se produire. Donc, j'avais envie de me dire, c'est un conte cruel, c'est une métaphore, mais c'est peut-être, dans le fond, un fait-divers parce qu'on est comme ça dans une situation comme celle-là. On ne le vit pas en fuyant et en criant, parce que, déjà, c'est une perte d'énergie de crier, ensuite on n'a pas de voix, quand on a peur, et d'ailleurs on est entièrement inhibé, on n'a pas de geste. Il n'y a que si on a une chance de s'en sortir qu'on se met à courir. Si on n'a aucune chance de s'en sortir, on ne court pas, au contraire, on regarde, avec une sorte d'acuité aussi, à la fois le consentement à la chose inéluctable qui va se produire, et la possibilité d'y échapper, les deux.

Je suis absolument sûre que c'est plus juste et que ça n'a jamais été filmé comme ça parce que les choses qui sont justes sont toujours niées. On a envie de faire du spectacle avec ce genre de scène. Je me suis dit que le spectacle, ce serait le contraire. Au lieu des cris et des gens qui se débattent, le silence et des gens qui consentent."

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2 Kommentare:

Anonym hat gesagt…

J'ai rarement lu un truc aussi intelligent sur le sujet. Je n'aime pas du tout Breillat mais qu'est ce qu'elle est grandiose !
eric

EV hat gesagt…

Je viens de lire "Corps d´amoureux", une collection des interviews avec elle - cette femme est incroyable !!!!!!!!!!!!!!