"Un monument ne commémore pas, ne célèbre pas quelque chose qui s' est passé, mais confie à l'oreille de l'avenir les sensations persistantes qui incarnent l' événement: la souffrance toujours renouvelée des hommes, leur protestation recréée, leur lutte toujours reprise.
Tout serait-il vain, parce que la souffrance est eternelle, et que les revolutions ne survivent pas à leur victoire? Mais le succès d'une revolution ne réside qu' en elle-même, précisément dans les vibrations, les étreintes, les ouvertures qu'elle a donnée aux hommes au moment où elle se faisait et qui composent en soi un monument toujours en devenir comme ce tumulus auxquels chaque nouveau voyageur apporte une pierre. La victoire d' un revolution est immanente et consiste dans les nouveaux liens qu'elle instaure entre les hommes, même si ceux-ci ne durent pas plus que sa matiere en fusion et font vite place à la divison , à la trahison."
(Deleuze/Guattari)
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