22 November, 2008

who else is with me?

"In Wien, wo die Rücksichtslosigkeit und die Unverschämtheit gegen die Denker und gegen die Künstler immer am größten gewesen ist und das sicher als der grösste Friedhof der Phantasien und Ideen bezeichnet werden darf und in welchem tausendmal mehr Genies verkommen und verkümmert und vernichtet worden sind, als in Wien tatsächlich zum Vorschein und zu Berümtheit und Weltberümtheit gekommen sind, ist in einem Hotel in der Innenstadt ein Mann tot aufgefunden worden, der mit vollkommen klarem Kopf die eigentliche Ursache die eigentliche Ursache seines Selbstmordes auf einen Zettel geschrieben und diesen Zettel an seine Jacke geheftet hat. Er habe jahrzehntelang eine Idee verfolgt und diese seine Idee, eine philosophische Idee naturgemäss, tatsächlich in einem grösseren Werk verwirklichen und zum Abschluss bringen können und seinen ganzen Kräfte seien schliesslich von dieser Idee aufgefressen gewesen. Die Anerkennung, die er aber erwartet hatte, sei ausgebleiben.
Obwohl er schliesslich um Anerkennung gebettelt habe, sei sie ihm von den Stellen und von den Leuten verweigert worden, die dafür zuständig gewesen wären. Es habe nichts genützt, dass er die Ungeheuerlichkeit seines Werkes unter Beweis gestellt habe. Nicht nur Kollegenneid, die ganze geistesfeindliche Atmosphäre dieser Stadt habe ihn in den Tod getrieben, ihre kopflose Unmenschlichkeit. Er habe aber, weil er seinen Charakter nicht desavouieren wolle, sein Werk noch vor seinem Selbstmord verbrannt, sein Lebenswerk verbrannt und tatsächlich in wenigen Augenblicken wieder zu nichts gemacht, nachdem es Jahrzehnte zu seiner Entstehung gebraucht hatte und es nicht einer Nachwelt hinterlassen wollen, die es in keinem Falle verdiente. Die entsetzliche Vorstellung, dass er wie wie soviele seinesgleichen, erst nach seinem Tode anerkannt und also ausgenützt und berühmt werde, habe ihn seine Errungenschaft, die tatsächlich viel höher einzuschätzen sei, als alles bisher auf seinem Gebiete Gedachte und Geschriebene, vernichten lassen. Die Stadt Wien, so hat er abschliessend auf seinen Zettel geschrieben, lebt seit sie besteht, von den Werken ihrer genialen Selbstmörder, er sei nicht gewillt, Glied zu sein in dieser Genienkette."

Thomas Bernhard, Der Stimmenimitator, 1978
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09 November, 2008

"Je hais qu'on nous ordonne d'avoir l'esprit aux nues, pendant que nous avons le corps à table. Je ne veux pas que l'esprit s'y cloue ni qu'il s'y vautre, mais je veux qu'il s'y applique... Quand je danse, je danse ; quand je dors, je dors, et quand je me promène solitairement en un beau verger, si mes pensées se sont entretenues d'objets étrangers quelque partie du temps, je les ramène à la promenade, au verger, à la douceur de cette solitude et à moi.

Nous sommes de grands fous : "Il a passé sa vie dans l'oisiveté, disons-nous ; je n'ai rien fait d'aujourd'hui. - Quoi, n'avez-vous pas vécu ? C'est non seulement la fondamentale, mais la plus illustre de vos occupations. Ah ! si on m'avait donné l'occasion de traiter de grandes affaires, j'aurais montré ce que je savais faire. - Avez-vous su méditer et conduire votre vie ? Alors vous avez fait la plus grande besogne de toutes." Composer nos moeurs est notre office, non pas composer des livres et gagner des batailles et des provinces, mais l'ordre et tranquillité à notre conduite. Notre grand et glorieux chef-d'oeuvre, c'est vivre à propos... Il n'est rien si beau et légitime que de faire bien l'homme et dûment, ni science si ardue que de bien et naturellement savoir vivre cette vie ; et de nos maladies la plus sauvage, c'est mépriser notre être.

C'est une absolue perfection, et comme divine, de savoir jouir loyalement de son être. Nous cherchons d'autres conditions, pour n'entendre l'usage des nôtres, et sortons hors de nous, pour ne savoir quel il y fait... J'ai un dictionnaire tout à part moi : je "passe" le temps, quand il est mauvais et incommode ; quand il est bon je ne le veux pas "passer", je le goûte, je m'y tiens. Il faut courir le mauvais et se rasseoir au bon ... nature nous a mis la vie en main, garnie de telles circonstances, et si favorables, que nous n'avons à nous plaindre qu'à nous si elle nous presse et si elle nous échappe inutilement... Je me prépare pourtant à la perdre sans regret, mais comme perdable de sa condition, non comme pénible et importune.
Pour moi donc, j'aime la vie et la cultive telle qu'il a plu à Dieu de nous l'octroyer...
J'accepte de bon coeur, et reconnaissant, ce que nature a fait pour moi, et m'en contente et m'en loue. On fait tort à ce grand et tout-puissant donneur de refuser son don, de l'annuler et défigurer. Tout bon, il a fait tout bon."

Montaigne, Essais, Livre III, ch.13.
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08 November, 2008