25 Mai, 2010
24 Mai, 2010
laetitia
CIRCONSCRIRE Pour réduire son malheur, le sujet met son espoir dans une méthode de contrôle qui lui permettrait de circonscrire les plaisirs que lui donne la relation amoureuse : d’une part, garder ces plaisirs, en profiter pleinement, et, d’autre part, mettre dans une parenthèse d’impensé les larges zones dépressives qui séparent ces plaisirs : „oublier“ l’être aimé en dehors des plaisirs qu’il donne.
1. Cicéron, puis Leibniz, opposent gaudium et laetitia. Gaudium, c’est le „plaisir que l’âme ressent lorsqu’elle considère la possession d’un bien présent ou futur comme assurée; et nous sommes en possession d’un tel bien lorsqu’il est de telle sorte en notre pouvoir que nous en pouvons jouir quand nous voulons“. Laetitia est un plaisir allègre, „un état où le plaisir prédomine en nous“ (au milieu d’autres sensations, parfois contradictoires).
Gaudium est ce dont je rêve: jouir d’une possession viagère. Mais ne pouvant accéder à Gaudium, dont je suis séparé par mille traverses, je songe à me rabattre sur Laetitia : si je pouvais obtenir de moi-même de m’en tenir aux plaisirs allègres que l’autre me donne, sans les contaminer, les mortifier par l’angoisse qui leur sert de joint ? Si je pouvais avoir, de la relation amoureuse, une vue anthologique ? Si je comprenais, dans un premier temps, qu’un grand souci n’exclut pas des moments de pur plaisir (tel l’Aumônier de Mère Courage expliquant que „la guerre n’exclut pas la paix“) et si je parvenais, dans un second temps, à oublier systématiquement les zones d’alarme qui séparent ces moments de plaisir ? Si je pouvais être étourdi, inconséquent ?
2. Ce projet est fou, car l’Imaginaire est précisément défini par sa coalescence (sa colle), ou encore : son pouvoir de déteinte : rien, de l’image, ne peut être oublié; une mémoire exténuante empêche de sortir à volonté de l’amour, bref d’y habiter sagement, raisonnablement. Je peux bien imaginer des procédés pour obtenir la circonscription de mes plaisirs (convertir la rareté de fréquentation en luxe de la relation, à la manière épicurienne; ou encore, considérer l’autre comme perdu, et dès lors goûter, à chaque fois qu’il revient, le soulagement d’une résurrection), c’est peine perdue : la poisse amoureuse est indissoluble (l’amour n’est ni dialectique ni réformiste).
(Version triste de la circonscription des plaisirs : ma vie est une ruine : des choses restent en place, d’autres sont dissoutes, effondrées : c’est le délabrement.)
"sich darin einrichten ist unmöglich"
1. Cicero und später Leibniz unterscheiden zwischen gaudium und laetitia. Gaudium ist die „Lust, die die Seele empfindet, wenn sie den Besitz eines gegenwärtigen oder künftigen Gutes als gesichert betrachtet; und wir sind im Besitz eines derartigen Gutes, wenn es auf solche Weise in unserer Macht ist, dass wir es genießen können, wann wir wollen.“ Laetitia ist eine muntere Fröhlichkeit, „ein Zustand, in dem die Lust in uns die Oberhand hat“ (unter anderen, manchmal widersprüchlichen Empfindungen).
Gaudium ist das, wovon ich träume: einen lebenslangen Besitz genießen. Da ich aber keinen Zugang zum gaudium finden kann, von dem mich tausend Missgeschicke trennen, denke ich daran, mich auf die laetitia zu beschränken: wenn ich mich dazu bewegen ließe, mich an die leichten Freuden zu halten, die der andere mir schenkt, ohne sie durch die sie verklammernde Angst zu verunreinigen, abzutöten ? Wenn ich mir eine anthologische Sicht der Liebesbeziehung zu eigen machen könnte? Wenn ich, auf einer ersten Stufe, einsähe, dass ein großer Kummer Augenblicke reiner Lust nicht ausschließt (wie die Marketenderin in Mutter Courage, die erklärt, dass es „den Frieden im Krieg auch gibt, er hat seine friedlichen Stellen“), und es mir auf einer zweiten Stufe gelänge, systematisch die Gefahrenzonen außer acht zu lassen, die diese Augenblicke der Lust trennen? Wenn ich kopflos, inkonsequent sein könnte ?
2. Dieser Plan ist verrückt, denn das Imaginäre wird eben gerade durch sein Verwachsen (seinen Leim) definiert oder, anders ausgedrückt: durch seine abfärbende Kraft: vom Bild kann nichts vergessen werden; ein selbstquälerisches Gedächtnis hindert daran, die Liebe nach Belieben fahrenzulassen, sich sozusagen weise, vernünftig in ihr einzurichten. Ich kann mir wohl Verfahrenweisen vorstellen, um die Abgrenzung meiner Wonnen zustandezubringen (die Seltenheit der Begegnung auf epikureische Weise in Beziehungsreichtum verkehren; oder den Anderen verlorengeben und folglich immer, wenn er zurückkehrt, die Erleichterung einer Auferstehung verspüren), aber das ist verlorene Mühe: das Unglück, das Pech der Liebe ist unlöslich; man muss es erdulden oder sich davon losmachen : sich darin einrichten ist unmöglich (die Liebe ist weder dialektisch noch reformistisch).
(Traurige Version der Umschreibung von Wonnen: mein Leben ist eine Ruine: manche Sachen bleiben an Ort und Stelle , andere werden zerstreut, stürzen ein: der Verfall.)
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14 April, 2010
05 März, 2010
07 Februar, 2010
gegenwärtig
you always concentrate my whole senses.'
John Keats to Fanny Brawne
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24 Jänner, 2010
23 Jänner, 2010
17 Jänner, 2010
11 Jänner, 2010
orpheline
31 Dezember, 2009
20 Dezember, 2009
05 Dezember, 2009
04 Dezember, 2009
spalt
(Herta Müller "Herztier")
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17 November, 2009
independencia
15 November, 2009
novembre
"On concevra sans peine qu'il n'avait pas de but, et c'est là le malheur. Qui eût pu l'animer, l'émouvoir ? l'amour ? il s'en écartait ; l'ambition le faisait rire ; pour l'argent, sa cupidité était fort grande, mais sa paresse avait le dessus, et puis un million ne valait pas pour lui la peine de le conquérir ; c'est à l'homme né dans l'opulence que le luxe va bien ; celui qui a gagné sa fortune, presque jamais ne la sait manger ; son orgueil était tel qu'il n'aurait pas voulu d'un trône. Vous me demanderez : Que voulait-il ? je n'en sais rien, mais à coup sûr, il ne songeait point à se faire plus tard élire député ; il eût même refusé une place de préfet, y compris l'habit brodé, la croix d'honneur passée autour du cou, la culotte de peau et les bottes écuyères les jours de cérémonie. Il aimait mieux lire André Chénier que d'être ministre, il aurait préféré être Talma que Napoléon. C'était un homme qui donnait dans le faux, dans l'amphigourique et faisait grand abus d'épithètes."
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31 Oktober, 2009
working on it, working on it.
Swinton: Es ist so, als ob irgendwo am Montmartre ein Straßenmaler eine Karikatur von dir anfertigt. Und du fragst dich: "Sieht mir das irgendwie ähnlich?" Ja, diese Liste sieht mir ähnlich. Aber wenn man sie aus zu großer Nähe anschaut, fühlt sich das seltsam an. Neulich dachte ich, dass man bei so einem tribute nur die Fantasiefilme zeigen sollte, die man nie gemacht hat.
09 Oktober, 2009
von da draussen
Es ist ein viel zu rascher Wechsel zwischen jauchzendem Berg und himmeltiefem Tal, und da brennt es und die Versprechen waren so anders, ich weiß es, und es ist manchmal so schwer, die Wunden zu lecken, die man dem Geliebten geschlagen hat, es gibt keine satte Stille und trotzdem ist alles bunt, es ist alles eben so, alles ist es, nur nicht flach und lieblich.
in fetters and chains"
via passe.par.tout
05 Oktober, 2009
02 Oktober, 2009
hazard
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25 September, 2009
14 September, 2009
une autre respiration
Quand on est complètement sincère, si on se tient dans la justesse et la simplicité, la saveur des émotions se communique aux autres, ils retrouvent leur propre vérité intime. Chaque vie est un territoire poétique. Si vous incorporez votre sensibilité aux situations les plus ordinaires, si vous prenez seulement le temps de regarder, de savourer, vous rendez les choses meilleures. Jouir de la vie diminue la violence.
Et si je veux être sincère envers moi-même et les spectateurs, je ne peux pas réaliser plus de films que je ne le fais." (Elia Suleiman)
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12 September, 2009
01 September, 2009
... and as long as I'm dreaming I'd like a pony ...
Edwina Ings-Chambers
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10 August, 2009
27 Juli, 2009
temps réel
("For all we know" Mary Mayo)
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28 Juni, 2009
22 Juni, 2009
23 Mai, 2009
15 Mai, 2009
moimoimoi
25 März, 2009
It won´t hurt, I promise
01 März, 2009
ceci n´est pas un mot
08 Februar, 2009
manifesto
The best time to start is now (don’t wait)
Take responsibility for everything (it saves time)
Don’t blame anyone or anything (including yourself)
Give up being a moviemaker victim (of circumstance, weather, lack of money, mean financiers, vicious critics, greedy distributors, indifferent public, etc.)
You can’t always choose what happens while you are making a film, but you can choose your point of view about what happens
(creative perspective)
Mistakes are your best teacher (so welcome them)
Turn disaster to advantage (there will be many)
Only work on something you believe in (life is too short to practice insincerity)
Choose your team carefully and honour them (never speak negatively about your colleagues)
Ban the word “compromise” (or the phrase “it will do”)
(the disappointment in yourself will haunt you later)
Be prepared to work harder than anyone you are employing
Be ruthless – be ready to throw away your favourite bits (you may well be attached to what is familiar rather than what is good).
Aim beyond your limits (and help others to go beyond theirs)
(the thrill of the learning curve)
When in doubt, project yourself ten years into the future and look back – what will you be proud of having done?
(indecision is a lack of the longer view or wider perspective)
Practice no waste – psychic ecology – prevent brain pollution
(don’t add to the proliferation of junk)
Be an anorak – keep your sense of wonder and enthusiasm
(cynicism will kill your joy and motivation)
Get some sleep when you can (you wont get much later)
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(Sally Potter "Barefoot Filmmaking")
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18 Jänner, 2009
03 Jänner, 2009
29 Dezember, 2008
cassant les hiérarchies
Jacques Rancière, Le spectateur émancipé
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04 Dezember, 2008
22 November, 2008
who else is with me?
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09 November, 2008
là
Nous sommes de grands fous : "Il a passé sa vie dans l'oisiveté, disons-nous ; je n'ai rien fait d'aujourd'hui. - Quoi, n'avez-vous pas vécu ? C'est non seulement la fondamentale, mais la plus illustre de vos occupations. Ah ! si on m'avait donné l'occasion de traiter de grandes affaires, j'aurais montré ce que je savais faire. - Avez-vous su méditer et conduire votre vie ? Alors vous avez fait la plus grande besogne de toutes." Composer nos moeurs est notre office, non pas composer des livres et gagner des batailles et des provinces, mais l'ordre et tranquillité à notre conduite. Notre grand et glorieux chef-d'oeuvre, c'est vivre à propos... Il n'est rien si beau et légitime que de faire bien l'homme et dûment, ni science si ardue que de bien et naturellement savoir vivre cette vie ; et de nos maladies la plus sauvage, c'est mépriser notre être.
C'est une absolue perfection, et comme divine, de savoir jouir loyalement de son être. Nous cherchons d'autres conditions, pour n'entendre l'usage des nôtres, et sortons hors de nous, pour ne savoir quel il y fait... J'ai un dictionnaire tout à part moi : je "passe" le temps, quand il est mauvais et incommode ; quand il est bon je ne le veux pas "passer", je le goûte, je m'y tiens. Il faut courir le mauvais et se rasseoir au bon ... nature nous a mis la vie en main, garnie de telles circonstances, et si favorables, que nous n'avons à nous plaindre qu'à nous si elle nous presse et si elle nous échappe inutilement... Je me prépare pourtant à la perdre sans regret, mais comme perdable de sa condition, non comme pénible et importune.
Pour moi donc, j'aime la vie et la cultive telle qu'il a plu à Dieu de nous l'octroyer...
J'accepte de bon coeur, et reconnaissant, ce que nature a fait pour moi, et m'en contente et m'en loue. On fait tort à ce grand et tout-puissant donneur de refuser son don, de l'annuler et défigurer. Tout bon, il a fait tout bon."
Montaigne, Essais, Livre III, ch.13.
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